L'histoire de SUPERLOUSTIC


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Muppies FM, la toute première version de la radio des enfants en 1986

Un jour de 1986, le directeur de la communication d’une chaîne de restaurants (Hippopotamus) à l’idée d’offrir une cassette audio musicale avec des chansons et des génériques de dessins animés aux enfants de passage dans ses établissements pour les fêtes de Noël. Pour la réaliser, il fait appel à son ami Denys Didelon gérant fondateur de la société Bravo Productions, une agence audiovisuelle parisienne spécialisée dans la production de contenus et d’ambiances musicales pour les radios et les magasins.

 

La réalisation de cette commande atypique donne l’idée à Denys Didelon, passionné de FM, d’aller plus loin en lançant une radio entièrement destinés aux enfants. Fondateur en 1981 de la mythique station rock parisienne Carol FM, il s’associe à Gilles Gressier, commercial au sein de sa société, créateur de Vitamine 7 en Martinique (future Sun FM et Trace FM), pour imaginer un programme innovant pour les enfants de 3 à 5 ans et leurs mamans. Joël Pons directeur de création chez Havas Conseil, co-fondateur de Bravo Productions en 1984, animateur avec Gilles Gressier dans l’aventure Carol FM, et Frédéric Charbaut, journaliste de presse et ex-animateur de la radio Boulevard du rock à Paris, complètent l’équipe et imaginent ensemble MUPPIES FM, « la radio récré » !

 

La toute nouvelle radio des enfants est lancée à Noël 1986 sur le 102.8 FM à Paris et la région parisienne. Elle diffuse depuis les studios de Bravo Productions au 102, rue Robespierre à Bagnolet. En mars 1987, pour ne pas brouiller ses voisines et car elle n’a pas d’autorisation légale d’émettre, elle déménage sa fréquence sur le 89.6 Mhz. Patrick Meyer, proche ami de Denys Didelon et fondateur de RFM, met à disposition son émetteur historique de Vélizy.

 

Une simple bande de 3 heures diffusée en boucle et un concept totalement novateur permettent très vite d’accéder à la notoriété. MUPPIES FM programme pour la première fois sur les ondes des chansons pour les enfants et des génériques de dessins animés. Le succès est immédiat. Le courrier envoyé à la radio dès ses premières semaines de diffusion est impressionnant, jusqu’à un millier de lettres par jour ! Quatre-vingt-dix articles de presse, trois télévisions et le bouche-à-oreille contribuent au succès de la radio.

 

Les jeunes auditeurs ne ratent pas une seconde de leurs programmes préférés. Ils sont encouragés à appeler la station pour voter et participer au « Kid Parade », le classement des meilleures chansons de la radio. On retrouve aussi des contes, des histoires, des feuilletons, des « Muppies info », des « mini-magazines » et des jeux. Il est même prévu le lancement d’un serveur minitel avec des services et informations pour les parents.

 

Malheureusement, la CNCL (l’organisme français de régulation de l’audiovisuel) n’accepte pas la demande d’émettre de MUPPIES FM, il n’y a plus de place sur la bande FM parisienne. MUPPIES FM s’arrête en avril 1987. Le président de la commission de régulation, Gabriel de Broglie, explique, tout en regrettant sa décision, que « ce genre de radio doit être privilégié dans le paysage radiophonique ». Précision entendue aussitôt par l’équipe. Elle dépose des demandes de fréquences, notamment dans le Nord-Pas-de-Calais, sans jamais rien n’obtenir.

Logo Superloustic Lyon 100.2 FM

Superloustic fait ses premiers pas à Lyon le 4 janvier 1988

Encouragés par le succès de MUPPIES FM, Gilles et Denys partent à Lyon où quelques fréquences sont à céder. Il faut absolument remettre la radio sur les ondes, la demande de fréquence viendra ensuite. Ils rencontrent le possesseur de la fréquence de radio Satellite, et ex-directeur de NRJ Lyon. Un contrat est immédiatement signé : il met sa fréquence « à disposition » de Bravo productions. La radio s’appellera LOUSTIC FM, moins anglais que MUPPIES FM, et commencera ses émissions dès octobre. Elle sera destinée aux enfants et leurs parents et travaillera en collaboration avec les écoles et institutions.

 

Dans un souci constant du respect et de la protection de l’enfant, la radio met en place un comité de création et s’associe à l’Institut de l’Enfant de la Famille et au Secrétariat à la Francophonie. La FEN (Fédération de l’Education Nationale) rejoindra ce comité quelques mois plus tard. Elle s’octroie aussi les services d’un spécialiste de la communication enfantine : Richard Joffo, journaliste/écrivain et producteur pour la télévision (notamment des Mini-Star). La radio s’engage, au travers d’une charte à respecter et protéger l’enfant.

 

Mais ces belles intentions sont bouleversées par un coup de théâtre. Bravo Productions découvre que le patron de Radio Satellite, bailleur de l’émetteur lyonnais et co-associé dans l’équipe d’administration de LOUSTIC FM, exploite un réseau de minitel rose. Il s’intéresse au support radio pour les numéros de commissions paritaires qui sont rattachés et permettent l’exploitation de réseaux télématiques. Un filon autrement rémunérateur. Pour ne pas ternir l’image de la radio des enfants, la collaboration avec Radio Satellite prend fin et un nouveau partenaire lyonnais est trouvé, Sylvain Vettese, possesseur de Radio Cristal. LOUSTIC FM est rebaptisée SUPERLOUSTIC.

 

Cristal FM met sa fréquence et ses studios, situés au 48 quai de Pierre Scize, « à disposition » de la société Bravo Productions moyennant un loyer mensuel. Sylvain Vetesse s’associe à Gilles Gressier, Denys Didelon et Joël Pons. Cristal FM peut devenir SUPERLOUSTIC. C’est un nouveau départ et une grande aventure qui commence !

 

C’est sur le 100.2 FM que notre célèbre « singe canard » né sous le signe de « Mickey ascendant E.T.» fait ses premier pas héroïques à partir de la mi-décembre 1987. Une bande est diffusée pour annoncer l’arrivée des programmes de SUPERLOUSTIC à partir du 4 janvier 1988. Les auditeurs, que l’on appelle les loustics, sont invités à venir retirer leurs places pour le grand gala de lancement de la radio.

 

SUPERLOUSTIC et son écharpe bleue dans le vent fait une arrivée triomphale à Lyon. La radio organise un grand gala de lancement le 28 décembre 1987 à la Bourse du Travail. Plus de 1 500 enfants handicapés et défavorisés y assistent. Des artistes à succès défilent sur scène pour chanter : les Bill Baxter, L’Affaire Louis Trio, Marie Dauphin, Les Innocents… Le spectacle est présenté par Laurent Boyer, ex-programmateur à Bravo Productions.

 

Une semaine plus tard, le 4 janvier 1988, la radio des loustics démarre ses programmes. Elle émet 24 heures sur 24 avec un direct de 7h à 21h.

Sa programmation varie les contes, les histoires, les jeux, les émissions musicales (90% en français) et sportives ainsi que les informations pratiques. Elle a pour objectif de distraire les jeunes auditeurs, de capter leur attention, de favoriser le développement de leur imaginaire, de leur sens critique et de compléter leur enseignement grâce à leur participation interactive : jouer, écrire, téléphoner, dessiner et participer aux grandes manifestations extérieures organisées par la station. 

Le 21 décembre 1988 Superloustic arrive à Paris en fréquence partagée

Le 26 août 1988, après des pressions considérables de ses auditeurs, des médias et du député du Rhône Mr Raymond Barre, la CNCL donne son autorisation à SUPERLOUSTIC pour émettre légalement sur le 89.3 Mhz à Lyon en lieu et place du projet concurrent LOUSTIC FM, initialement autorisé.

 

Forts de ce succès, Joël Pons et Denys Didelon retournent à Paris en quête d’une autorisation pour une nouvelle fréquence dans la capitale. Un dossier de candidature est envoyé à la CNCL. Demande acceptée ! La radio des enfants retrouve une place sur la bande FM parisienne et se pose sur le 106.3 Mhz. Elle est diffusée à partir du 21 décembre 1988 tous les jours de 13h à 19h et le mercredi de 7h à 19h en alternance avec la radio africaine Tabala FM. Elle émet dans un rayon de 35 à 45 km  depuis la tour TDF de Romainville à la périphérie de Paris. SUPERLOUSTIC s’installe dans le studio de production de Bravo à Bagnolet où l’année passée MUPPIES FM c’était établi. Une équipe d’animateurs, Amandine, Guillaume, est recrutée pour assurer l’animation des programmes parisiens de SUPERLOUSTIC.

 

 

Cette volonté de décentralisation sur la capitale s’accompagne de grandes ambitions : créer dans les deux ans un réseau de stations dans une dizaine de villes en France. Face aux changements et aux intérêts économiques que représente un tel projet, des dissensions apparaissent entre les dirigeant parisiens propriétaires de la marque SUPERLOUSTIC et les responsables de la radio à Lyon qui de leurs côtés volent de leurs propres ailes. Le temps de trouver un accord et pour ne pas créer la confusion avec la radio parisienne, SUPERLOUSTIC Lyon est rebaptisée à partir de septembre 1988 « Top-Kids », puis « Salut les Loustics » en décembre 1988 et enfin « Planète Toon » en janvier 1989.

 

Début 1989, un archéologue sous-marin et homme d’affaire Franck Goddio prend les commandes de la radio lyonnaise pour y investir de l’argent. Il rétablit en quelques mois les rapports avec les dirigeants de SUPERLOUSTIC à Paris. Un holding d’investisseurs privés composés de banquiers, Crédit Lyonnais, Banque Worms, Sopromec et Sofiparil, rejoignent le capital de SUPERLOUSTIC détenu en majorité par Franck Goddio (Groupe IDH SA / Concorde communication). La société IDL SA est créée avec à sa tête Gérard Troquereau, anciennement responsable de Planète Toon aux côtés de Gilles Gressier. Un budget de fonctionnement de 10 millions de francs étalés sur plusieurs années est alloué.

 

Fin août 1989, l’équipe lyonnaise, Olivier, Marie-Pierre, Benoit de Coco, Gilles Gressier, JM déménage à Paris pour rejoindre le nouveau réseau et fusionner avec SUPERLOUSTIC. La radio s’installe dans des studios flambants neufs rue Jules Ferry à Bagnolet à quelques pas de Bravo Productions. Les studios de Lyon sont fermés définitivement, Planète Toon redevient SUPERLOUSTIC début septembre.

 

À partir du 25 octobre 1989, Radio France internationale (RFI), diffuse en coproduction avec SUPERLOUSTIC, la première émission d’information pour les jeunes de tous les pays un mercredi par mois. Dans ce rendez-vous, « la Planète des Enfants », les 7/13 ans sont à l’antenne, échangent, dialoguent et font vivre aux jeunes auditeurs l’actualité du monde.

 

La radio va amorcer un développement spectaculaire grâce à des investissements nouveaux.  En 1990, un an après son emménagement rue Jules Ferry, elle déménage dans la tour Gallieni 1 à Bagnolet au 78-80 avenue du général De Gaulle. Elle dispose maintenant de 250 m2 de locaux plus sécurisés et plus grands, anciennement loués à Electric FM et déjà équipés avec studios, console de direct, matériel, bureaux… Le bailleur est la société IDF Médias dirigée par Lionel Lemièreex NRJ et directeur technique pour Electric FM disparue en 1988. Il met à disposition son émetteur situé directement sur le toit de la tour. C’est l’un des trois principaux émetteurs radio parisiens avec la Tour Eiffel et les tours Mercuriales. Les studios se situent au 15ème étage du bâtiment avec une vue panoramique imprenable sur Paris ! Pierre-Henri Pick prend la tête de la présidence peu de temps après en remplacement de Gérard Troquereau.

 

En novembre 1990, SUPERLOUSTIC déménage sur le 97 FM. Elle laisse d’abord la place le soir et la nuit à la programmation de le radio AJDL, propriétaire de la fréquence, qu’elle rachète ensuite pour émettre 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

 

SUPERLOUSTIC conserve le 106.3 FM et y propose un deuxième programme, non officiel, destiné aux touts petits, Mini FM. Elle libère cette fréquence en mai 1991 après avoir obtenu l’autorisation officielle d’émettre sur le 97 FM.

Le 10 décembre 1990, SUPERLOUSTIC, bénéficiant d’un soutien appréciable du CSA, l’autorité qui contrôle les radios et attribue les fréquences, étend ses émissions aux régions Bourgogne-Franche Comté et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Elle devient le premier réseau thématique national radio pour les enfants de moins de 15 ans. En plus de Lyon et Paris (tête de réseau), elle émet désormais à Dijon, Gap, Briançon, Toulon et Troyes.

 

Avec 25 salariés permanents, le réseau FM a déjà investi 15 millions de francs dans son développement. Erick Bernard, alias Benoix de coco l’animateur vedette, accède à la direction des programmes et Eric Sicaud, journaliste de la radio, est promu rédacteur en chef. La station se fixe pour ambition de toucher 7 millions de jeunes français d’ici la fin 1991.  Avec 200.000 auditeurs fidèles, ses 250.000 appels téléphoniques, ses 40.000 connexions Minitel et ses 8.000 lettres par mois, le singe-canard a le vent en poupe !

 

Le 15 mars 1991, SUPERLOUSTIC accède au satellite Telecom 1C. Dès le mois de juillet 1991, Poitiers, Tours, Orléans, Le Mans, Le Havre, Evreux, Rouen ainsi que Valence et Saint-Etienne en fin d’année s’ajoutent aux villes couvertes par la radio. Avec l’inauguration de ses émissions dans la ville de Saint-Étienne le 13 décembre, le réseau dispose à la fin de l’année 1991 de 18 émetteurs principaux pour une diffusion dans 43 villes de France.

En juillet 1991, pour assurer son assise et des besoins financiers importants, elle signe un accord avec Radio Monte-Carlo et Nostalgie pour l’établissement d’une régie publicitaire et commerciale commune, la régie « GEM » (Génération Expertise Média).

 

L’objectif pour 1992 est d’atteindre le million d’auditeurs et d’obtenir avant la fin de l’année 25 émetteurs supplémentaires pour desservir 100 villes au total. Des demandes sont déposées pour la Bretagne, l’Aquitaine, le Limousin et la Corse. La radio obtiendra 30 fréquences FM en moins de 2 ans au terme de son activité en juin 1992.

 

Radio à entendre, SUPERLOUSTIC est également une radio à voir avec des plateaux et des animations organisés dans les villes du réseau.

 

Un partenariat est négocié avec la chaîne FR3 et SUPERLOUSTIC. La radio est partenaire de l’émission «C’est pas juste» présentée par Vincent Perrot. Elle ouvre son antenne pour prolonger le débat du jour avec les auditeurs. D’autres collaborations sont prévues avec Canal J et A2.

 

A l’automne 1991, SUPERLOUSTIC s’offre une campagne télévisée de quinze jours sur toutes les chaînes TV à l’exception de M6. Dans la presse écrite, elle s’associe à Disney Hachette Presse pour se faire connaître : le Journal de Mickey, Picsou Magazine…

La radio des enfants lance un appel à l’aide et crée l’Association de Défense de Superloustic (ADS)

Malgré un succès évident, les annonceurs sont réticents à engager des dépenses sur un nouveau média radio pour les enfants. Le marché est encore inconnu et risqué et Médiamétrie ne fournit aucun indice d’audience radio pour cette tranche d’âge. Ils privilégient la télé, vecteur d’image fort. Alors que personne ne croyait que les enfants écoutaient la radio, en février 1992, les résultats d’un sondage Médiamétrie commandé par la régie publicitaire GEM montre que la radio dispose de 200 000 auditeurs fidèles. Les moins de quinze ans écoutent plus la radio que leurs aînés ! Sur les 9-10 ans de sa zone d’écoute, SUPERLOUSTIC est leader du marché le week-end et seconde FM en semaine. Mais ce premier sondage arrive trop tard.

 

Entraîné par un contexte économique et politique difficile, le scandale du Crédit Lyonnais actionnaire de la radio (Innolion, 16,52%), la société IDL SA cumule très rapidement les dettes. Le budget annuel, trop élevé, est estimé à 15 million de francs. Les objectifs de recettes publicitaires fixés entre 10 à 11 millions de francs ne sont pas atteints et les recettes annexes générées par la télématique, le 36.15 code loustic et le service audiotel, les droits dérivés et la co-édition musicale ne suffisent pas. SUPERLOUSTIC perd de l’argent.

 

Début mars 1992, IDL SA cherche de nouveaux financiers suite au départ de son actionnaire principal Franck Goddio parti pêcher un trésor au large des Philippines. Devenus frileux face à un chiffre d’affaire moribond, les investisseurs ne suivent plus et se retirent à leur tour du capital. Face à des dépenses colossales, un développement trop rapide et un manque d’enthousiasme des annonceurs, la société IDL SA gérante de SUPERLOUSTIC ne peut plus payer ses créances. Endettée, elle est déclarée en cessation de paiement le 22 avril 1992 puis en redressement judiciaire le 12 mai par le tribunal de commerce de Paris. Elle a jusqu’au 9 juin 1992 pour présenter un plan de continuation.

 

SUPERLOUSTIC est à vendre. M40, NRJ, Fun Radio, RFM se manifestent comme repreneur des 32 fréquences. Les quarante salariés et pigistes de la radio se manifeste pour défendre avec fermeté le maintien de programmes à destination des moins de 15 ans sous le nom de SUPERLOUSTIC. M40 déclare qu’en cas de rachat, ils sont prêts à rendre la fréquence sur Paris puisqu’ils émettent déjà sur la capitale ainsi que celle des villes dans lesquelles ils sont présents pour garder celles qui lui sont nécessaires et monter un grand réseau de près de 100 émetteurs. Le CSA prend position et fait savoir qu’il s’oppose fermement à une absorption abusive des fréquences de SUPERLOUSTIC. Le 9 juin 1992, le tribunal de commerce de Paris dit non aux repreneurs qui souhaitaient faire main basse sur le réseau.

 

Le jour suivant, le 10 juin 1992, une tentative de sauvetage est initiée par Denys Didelon, Joël Pons et Gilles Gressier. Ils créent l’Association de Défense de SUPERLOUSTIC : l’ADS. Les dons récoltés par l’association permettent à la radio de continuer de vivre et d’entamer des démarches auprès des institutions afin de maintenir en France une chaîne de radios à destination des enfants.

 

Faute d’avoir trouvé un repreneur, la société IDL SA est mise en liquidation judiciaire le 16 juin 1992. Le satellite qui envoie les programmes en province est coupé aussitôt par le créancier. Dès le lendemain 11 heures, une conférence de presse est organisée avec toute l’équipe de la radio des loustics pour lancer un appel au secours. Les médias se déplacent nombreux couvrir cet événement unique dans le paysage audiovisuel français. Les journaux télévisés du soir, les radios et la presse écrite relayent l’info nombreux.

Pochette du disque de la chanson de soutient à Superloustic

La réaction des auditeurs ne se fait pas attendre, les loustics refusent que leur radio disparaisse. Les enfants ont le droit à leur média. Un nombre impressionnant d’appels téléphoniques des jeunes auditeurs demandent la reprise des programmes en province. Les loustics passent à l’antenne pour faire part de leur mécontentement, témoigner de l’absence d’émission dans leur ville et lancer des appels au secours pour sauver leur radio. Le slogan « SUPERLOUSTIC, C’EST MON DROIT ! » s’entend toute la journée sur l’antenne, s’affiche sur les T-Shirt, les cartables et se lit à l’infini dans les lettres, dessins et pétitions qui affluent par milliers pour soutenir la radio.

 

Ces appels poignants sont entendus par la société propriétaire du satellite Telecom 1C, diffuseur des programmes pour les villes de province. Ce dernier est remis gracieusement en route comme geste de soutien. IDF Média, propriétaire des locaux de la radio et de l’émetteur parisien, et EDF font à leur tour grâce de leurs services. L’équipe de SUPERLOUSTIC n’est plus payée depuis la liquidation mais poursuit son travail tout en menant combat pour sauver la radio.

 

Une chanson réunissant les artistes et les chanteurs connus des auditeurs est enregistrée pour soutenir la radio des loustics et interpeller l’opinion et les pouvoirs publics. Carlos, Anne, Les Vagabonds, Hervé Cristiani, Billy, Bill Baxter, Bernard Minet, Holly Flip, Les Amulettes, Richard Dewitte, Claude Lombard, Jean-Claude Corbel, Ducky Smokton, Fonfrede et Becker, Bouskidou, Kony, Imbert et Moreau et bien d’autres participent à l’enregistrement de ce disque intitulé « Ta radio c’est ton droit ! », l’hymne de défense de SUPERLOUSTIC. Les bénéfices générés sont reversés à l’ADS pour financer la radio. Les paroles rappellent que l’enfant d’aujourd’hui est le citoyen de demain et, qu’à ce titre, il a le droit à un média FM qui lui est destiné pour comprendre, partager et découvrir le monde qui l’entoure.

 

Au total, près d’1 million de signatures sont récoltées pour soutenir SUPERLOUSTIC. Devant cette mobilisation unique en France de la part de la jeune population, il apparaît inconcevable de ne plus avoir de radio pour eux sous prétexte de raisons économiques ou politiques. Des appels de soutien sont lancés vers le gouvernement de l’époque et un projet de Radio France Enfants et proposé à la direction de l’époque. L’Association de Défense de SUPERLOUSTIC engage de nombreux contacts en vue de monter un projet toujours orienté vers les 13 millions de moins de 15 ans. Plusieurs avis favorables d’administrations sont reçus : éducation, culture, communication, etc… L’ADS préconise la mise en place d’une société économique mixte avec une participation de l’état à hauteur de 51%, 44% pour le secteur privé et 5% pour l’équipe de SUPERLOUSTIC. Le budget annuel d’exploitation est estimé à 40 millions de francs. Mr. Jean-Noël Jeanneney, secrétaire d’État à la communication reçoit l’ADS le 29 juillet 1992. Il déclare que SUPERLOUSTIC mérite sa place dans le paysage audiovisuel français mais confie être peu favorable à la reprise de la radio privée sous l’égide de Radio France qui a déjà du mal à boucler son budget annuel.

 

Malgré une mobilisation impressionnante de ses auditeurs et un soutien médiatique très fort, SUPERLOUSTIC perd définitivement l’intégralité de ses émetteurs en province le 7 juillet 1992.

 

Le 23 juillet 1992 à 19h30, les animateurs font leurs adieux aux loustics parisiens, les seuls à pouvoir encore écouter la radio. Les studios sont fermés et mis sous scellés le lendemain matin à 9h30 : disques, matériel, bandes, archives, sont saisies. Un programme musical composé de chansons et de l’habillage de la radio des loustics est diffusé depuis des lecteurs à bandes directement placés dans le local de l’émetteur parisien de la tour Gallieni grâce à la générosité et à la bienveillance du diffuseur TDF. On peut entendre pour quelques semaines encore SUPERLOUSTIC et son disque des dernières heures, TA RADIO C’EST TON DROIT !

 

Le 97 FM à Paris est libéré lors de la nuit bleue du 5 au 6 septembre 1992 quelques minutes après minuit et disparaît noyé entre deux nouvelles fréquences attribuées à Rires et Chansons (97.4 FM) et Voltage FM (96.9 FM).

 

Deux ans plus tard, les fonds récoltés par « l’Association de Défense de SUPERLOUSTIC » sont entièrement reversés à l’association « Sol en Si » (Solidarité Enfants Sida).

 

 

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