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Par Frozenowl today 2 juillet 2018 7 4

Salut les loustics!
Comment être drôle quand on est triste?
Ce ne serait certainement pas rendre hommage à François Corbier que de retracer, dans un long et pompeux éloge funèbre, la carrière de celui qui, toute sa vie, fit chanter les mots avec insolence et légèreté.
Alors, pour ce numéro très spécial de Nostaloustic, nos équipes, qui n’ont pas froid aux yeux, ont fait une chose qui n’avait encore jamais été faite dans aucune émission écrite! En effet, nous sommes allés négocier avec la Mort en personne.
Et c’est après bien des discussions (et en échange de deux-trois babioles sans valeur, comme par exemple, l’âme de Donald Trump) que notre envoyé spécial exclusif a pu traverser en sa compagnie les Portes du Paradis pour tenter de réaliser une interview EXCLUSIVE de ce très très grand chansonnier qui vient de nous quitter.
Lutin — Père Noël, est-ce que vous nous entendez?
L — Oui, tout à fait, Père Noël! La 4G passe moyen ici, mais je vous entends cinq sur cinq.
F — Pas trop dur, le voyage?
L — Ah, ne m’en parlez pas! Ça a commencé par un gros chien à trois têtes qui m’a poursuivi pendant toute la traversée de la grosse rivière. Ensuite, les âmes des trépassés maudits ont tenté de m’entraîner dans le Gouffre de l’Éternelle Agonie. Et puis je vous parle même pas de mon compagnon de voyage, ce gars très maigre en noir avec la faux qui me suit depuis le début du voyage! Après, je dis pas, il fait des efforts pour mettre un peu l’ambiance, il sourit tout le temps, mais enfin…
F — Bon bon, ça va, ça va, pas la peine de nous parler de vos petits soucis. Est-ce que, au moins, vous avez trouvé François Corbier?
L — Oui oui, je suis en ce moment même en sa compagnie!
F — Ah, super! Tendez-lui le micro, branchez la caméra, et ACTION!
L — Alors bonjour François Corbier…
F — COUPEZ! Qu’est-ce que vous faites, là?
L — Ben… l’interview.
F — Ah! Ah! Ah! Excellent! Vous êtes décidément très drôle. Bon, et maintenant, mettez-moi en webex avec Corbier, et taisez-vous, on recommence.
L — Mais, j…
F — ACTION!
Alors, bonjour François Corbier, merci de nous avoir accordé cette interview exclusive. Et pour commencer, une question que se posent tous les loustics : comment allez-vous?
C — Bonjour à tous les loustics. Et bien… ça va. La mort, on en fait tout un foin, mais c’est finalement mieux après qu’avant.
F — En tout cas, l’auréole vous va très bien.
C — Ah oui, merci, ça gratte un peu au niveau de la nuque, mais on s’y fait.
F — A propos de gratte, je vois que vous avez gardé votre guitare!
C — Ah, ça a été une dure négociation avec Saint-Pierre. Mais franchement, qu’est-ce que j’aurais fait avec une lyre? Moi, mon instrument, c’est la guitare! J’avais récupéré celle de mon frère lorsqu’il est parti au service militaire : j’ai appris à en jouer et à son retour, j’avais écrit 20 chansons!
F — C’est le début d’une belle aventure : vous avez commencé par former un duo de cabaret avec votre frère.
C — Oui, pour vous montrer notre amour des jeux de mots laids pour les gens bêtes, c’était en 1962, et ça s’appelait Gouate & Mallat : j’y fais allusion dans « Sans ma barbe ».
F — Et c’est à cette époque que vous avez découvert les fameuses chansons flashes, en écoutant Claude Cérat.
Comme la fameuse « chanson du pompier qui repeint un pont » : PEINT PONT!
F — Et pas très longtemps après, à 22 ans, vous faites une rencontre déterminante : Georges Brassens.
C — Oui, c’est Georges Brassens qui m’encourage à chanter. Je crée alors un spectacle de 40 chansons flashes qui dure… 20 minutes! (Rires)
F — Et comment avez-vous commencé votre carrière audiovisuelle?
C — Et bien, c’était en 1968, j’ai croisé Jean-Pierre Elkabbach, qui m’a fait entrer dans France Inter.
F — J’ai là un collector, puisque pour votre premier single, la même année, vous ne portez pas la barbe!
C — Ah, ça faisait mauvais genre et ce n’était pas encore revenu à la mode!
F — C’est aussi sur ce disque que d’Alain Roux, votre vrai nom, vous devenez pour la première fois François Corbier.
C — C’était Alain Barrière, ami et producteur du disque, qui me disait toujours « Avec tes chansons, tu vas finir pendu ». Alors, moi, je me suis rappelé de la « Ballade des pendus », le célèbre poème de François Villon.
F — « Je suis François, dont il me poise…
Né de Paris emprès Pontoise…
Et de la corde d’une toise…
Saura mon col que mon cul poise »
On sent bien l’influence! (Rires)
C — Oui (Rires). François Villon s’appelait en réalité François de Montcorbier, d’où mon nom d’artiste.
F — En 1982, Jacqueline Joubert vous propose de participer à une émission jeunesse pour Antenne 2.
C — Moi, je pensais que ça allait durer 4-5 mois… et ça a duré 18 ans!
F — Vous composiez alors des chansons flashes en direct à partir des mots proposés par les enfants.
C — Oui, et ça donnait parfois des situations assez improbables!
F — En 1987, vous participez à la première émission du Club Dorothée sur TF1.
C — Oui, et là, c’était 30 heures d’émission par semaine. Impossible de faire autre chose à côté!
F — Malgré tout, vous sortez deux grands succès : « Sans ma barbe » en 1988 et « Laissez les Mamies faire » en 1995.
F — Et comment vous souvenez-vous de ces années?
C — Je me suis beaucoup amusé, mais je me suis toujours demandé ce que je foutais là.
F — En 1996, vous quittez finalement le Club Dorothée.
C — Oui, je trouvais que l’atmosphère de travail se dégradait. Je ne suis revenu que pour la dernière émission en 1997.
F — Et ensuite?
C — Ça a été compliqué. Beaucoup de gens pensaient que je devais être demandé partout, mais la vérité c’est que ça a été la galère pendant des années.
F — Pourtant, vous revenez à la chanson.
C — Oui, grâce à Maxime Le Forestier qui m’a dit : « Reprends ta guitare. »
F — Vous sortez alors plusieurs albums auto-produits.
F — Et puis… snif, vous êtes mort.
C — Voilà. Mais… vous pleurez?
F — Snif, non, juste une poussière…
C — La vie, c’est un peu comme une chanson flash : c’est très court. Mais si on a pu dire l’essentiel et faire rire un peu, alors ça valait le coup d’être vécu.
F — Au revoir Corbier.
C — Ciao la compagnie!
Et bien voilà les loustics, merci de nous avoir accompagné jusqu’à la fin de cette émission.
Ne pleurez pas, Corbier ne l’aurait pas voulu.
Prenez une guitare et chantez avec moi :
« Sans sa barbe, quelle barbe! »
(Silence…)
L — Voiiiilà, j’ai rangé tout le matériel.
L — Et bien, c’était une super interview! Dommage que le Père Noël ait raccroché aussi vite : je n’ai pas pu lui demander comment je faisais pour rentrer?
La Mort — QUI A PARLÉ DE « RENTRER »?
today2 juillet 2018 7 4 Posté par : Frozenowl
C’était LE groupe de loustics de votre enfance. Ils sont six, comme les doigts de la main! Je veux bien sûr parler des Mini-Star.


























fleury
Le 15 février 2023 à 18 h 37 min
Vous auriez du déposer votre concept, car un certain Thierry Ardisson propose desormais d’interviewer les personnalités décédées. lol
Donnie
Le 4 juillet 2018 à 10 h 20 min
Difficile de faire plaisir à Corbier en retenant la larmichette, après avoir lu ce Nostaloustic.
Merci pour ce beau travail. Ma guitare n’est pas loin, je vais retrouver ces fameux accords de « sans ma barbe » et de percer le mystère du passage sur le consensus et Cuba… (quoique, ça fait déjà un moment que j’ai une idée sur le sujet, consensus n’étant pas vraiment un mot à la portée des enfants alors que c…)
FrozenOwl
Le 4 juillet 2018 à 23 h 42 min
Merci Donnie : je ne te cache pas que j’en aussi versé une ou deux en regardant quelques vidéos et en l’écrivant…
Quant à l’énigme du « Cuba sans cacao », il suffit de découper les mots différemment… 🙂
cochise
Le 4 juillet 2018 à 0 h 42 min
ouahhhhhh
j’en reste baba!!!
tellement touchant
et vrai.
merci froz
merci corbier
je vais aller gratter un peu ma guitare qui prend la poussiere a defaut de reprendre les crayons
FrozenOwl
Le 4 juillet 2018 à 7 h 22 min
Merci beaucoup Cochise, je suis ravi que ça t’ait plu. J’ai aussi pris un immense plaisir à l’ecrire et à me replonger dans toutes ces belles archives!
El Loustico
Le 3 juillet 2018 à 13 h 16 min
Super interview Froz !! Quel plaisir de lire notre Corbier. Je vois que tu as des contacts haut placés ! C’est exceptionnel, fantastique, que dis-je, mortel !! 🙂
FrozenOwl
Le 4 juillet 2018 à 7 h 17 min
Merci beaucoup, El Loustico!
Il convient de préciser que les anecdotes sont authentiques et que la plupart des répliques sont tirées d’interviews diverses et reproduites le plus fidèlement possible pour retranscrite le franc-parler de notre Corbier préféré: en un sens, c’est vraiment lui qui nous parle!